Du BE Gaap à la norme IFRS : « Il ne faut pas prendre la transition à la légère »

Cet article est paru dans FD Magazine (édition de juin 2019, en néerlandais)

Nombreuses sont les entreprises qui restent fidèles à la comptabilité tenue en norme locale. Cependant, à partir du moment où elles commencent à avoir plusieurs implantations ou créent des filiales à l’étranger, la question se pose de savoir s’il n’est pas préférable de passer aux IFRS. Ce changement présente à la fois des avantages et des inconvénients.

«Dès qu’une entreprise entre en bourse, elle doit se conformer aux normes IFRS (International Financial Reporting Standards). Dans ces circonstances, c’est une obligation. A l’arrivée d’investisseurs externes, la pression pour passer aux IFRS augmente également. Les apporteurs de capitaux ont en effet besoin d’un reporting uniformisé, de manière à pouvoir comparer les performances de leurs diverses prises de participation.

Quant aux groupes qui se développent grâce à la croissance externe, ils se retrouvent souvent à jongler avec divers systèmes comptables. Ils doivent ensuite préparer des comptes consolidés et peuvent alors opter pour les normes IFRS « , déclare Chris De Groote, consultant senior chez Sigma Conso. Sigma Conso développe et met en œuvre son propre logiciel de consolidation et accompagne souvent des groupes qui utilisent plusieurs normes comptables en parallèle.

Les pays exigent souvent des entreprises implantées localement qu’elles utilisent la norme comptable en vigueur dans le pays. C’est ainsi le cas en Belgique. Vous ne pouvez vous en écarter que si vous avez une autorisation spécifique des autorités. Dans ce cas, il s’agit de la déclaration annuelle des revenus et du dépôt des comptes annuels et du bilan. La plupart des entreprises préparent en plus un reporting mensuel du groupe pour la Direction. Si le groupe présente ses états financiers en normes IFRS, il est plus pratique de tenir les comptabilités locales en IFRS. De cette façon, le reporting mensuel du groupe peut se faire directement, sans avoir à faire de retraitements. Il suffit de faire les ajustements qui s’imposent, une fois par an, dans les normes locales. Si les groupes qui possèdent des filiales dans plusieurs pays appliquent les normes comptables locales, il est nécessaire d’effectuer une conversion en norme comptable du siège pour les rapports mensuels. Les IFRS offrent dans ce cas un net avantage en termes d’uniformité et d’efficacité.

Estimation de la juste valeur

L’utilisation des normes IFRS présente d’autres avantages. Les groupes peuvent utiliser à bon escient le principe de la juste valeur pour mieux présenter leurs résultats. Les normes IFRS imposent aux entreprises de vérifier régulièrement la valeur des actifs de l’entreprise en estimant leur valeur marchande actuelle. Ainsi, par exemple, la valorisation des bâtiments industriels peut augmenter chaque année.

« Pendant la crise financière, le principe de la juste valeur a conduit à une perte de valeur considérable. De nombreux groupes ont ainsi rencontré des problèmes car leur ratio de solvabilité (actif total divisé par le capital emprunté) était dégradé. Ce ratio joue un rôle important dans les conventions avec les banques.

Les IFRS augmentent les coûts

La mise en œuvre des normes IFRS augmente les coûts de reporting. Cela n’est pas uniquement lié aux obligations en matière de comptabilité et de reporting. Les IFRS exigent également des informations supplémentaires en plus du bilan et du compte de résultat. Cela concerne les analyses de risques, l’impact des fluctuations des taux de change, la solvabilité des clients (listes historiques), le bilan social, etc. Cette information est ajoutée aux notes aux comptes. Chris de Groote :

« L’auditeur vérifiera si ces informations sont présentes et de quelle manière le groupe les a collectées. Parfois, l’auditeur demande une analyse externe supplémentaire pour ce traitement de données. Il veut être rassuré et cherche des informations supplémentaires montrant que le processus est correct. Cela demande plus de travail, de temps et d’argent à chaque fois.

Ce sont ces raisons qui incitent les groupes familiaux belges à attendre le plus longtemps possible avant de mettre en œuvre les IFRS, analyse Chris De Groote.

Mise en œuvre

La mise en œuvre des IFRS dans un groupe a donc beaucoup de conséquences. S’ils sont habitués à la norme locale, il est important de former les employés des différentes entités à la nouvelle norme. L’introduction des IFRS est en tout cas un sujet complexe qui ne doit pas être pris à la légère.

«Assurez-vous de disposer d’un personnel expérimenté pour gérer ce projet de transition. La mise en œuvre des IFRS nécessite une bonne gestion du changement. Ce n’est pas une mauvaise idée de faire appel à un prestataire externe pour conduire le processus »

IFRS 16 : Crédit-bail

De nouvelles règles concernant les contrats de location ont été introduites au début de 2019. Cela a demandé à de nombreuses entreprises beaucoup de travail supplémentaire. La norme IFRS 16 impose aux entreprises de gérer et de comptabiliser tous les contrats de location (à l’exception des contrats à court terme et des montants peu élevés) séparément.

«Un de nos clients doit aujourd’hui gérer et comptabiliser des contrats de location pour 6.500 véhicules en leasing. Étant donné que ces contrats de location doivent désormais être inscrits au bilan, les actifs loués ont un impact différent sur les chiffres du groupe. Cela peut menacer les conventions bancaires en cours. »

« La transition sera toujours plus complexe que ce que vous avez imaginé. Les groupes ont donc tout intérêt à anticiper l’introduction des IFRS ou de toute autre nouvelle réglementation. Nous le savions déjà grâce à notre expérience des normes IFRS 9 (sur les instruments financiers) et 15 (revenue recognition). Cela revient à faire les analyses préliminaires à temps et à planifier les ressources à y consacrer. Il ne faut pas essayer de faire des économies de bouts de chandelle : il est préférable d’y aller franchement, afin d’éviter des coûts plus élevés par la suite « , conclut Chris De Groote.


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