Histoire de la consolidation (3/5) : les années 80, les débuts de l’ère informatique

Histoire de la consolidation : les années 80, les débuts de l’ère informatique

L’inconfort du travail de consolidation et le calendrier tardif ne pouvaient rester en l’état bien longtemps. Au début des années 80, toujours pas de PC mais certaines sociétés informatiques, qui préfigurent les futurs éditeurs de logiciels, tentent l’aventure et commencent à offrir des solutions. Les plus grands groupes manifestent rapidement de l’intérêt pour ces logiciels d’un type nouveau. On le comprendra aisément ! Début des années 80, un éditeur se distingue en France en présentant un logiciel appelé COMFI pour COnsolidation Modulaire et FInancière.

Deux caractéristiques à mentionner :

  • d’une part, la notion de modularité recouvre l’actuel « Segment Information » exigée par les normes IFRS actuelles lorsque le groupe est actif dans des domaines différents,
  • d’autre part, ce logiciel aux concepts avant-gardistes fonctionne sur un mini-ordinateur de marque Singer, le fabriquant bien connu de machines à coudre de l’époque …

Si les fonctionnalités de COMFI ont très rapidement séduit ces grands groupes, le support technique constituait tout de même un souci majeur. Très rapidement, ce logiciel sera complètement réécrit pour fonctionner sur un ordinateur mainframe IBM 370, en service-bureau, en langage COBOL.

Voilà une avancée considérable pour les groupes de l’époque puisque, enfin, un logiciel prend en charge tous les calculs inhérents à la consolidation. De plus, il est possible d’effectuer la saisie de retraitements par des terminaux on-line. Tout est donc bien ? Pas vraiment. Il faut savoir que la philosophie d’un service-bureau de l’époque consiste à permettre la collecte des informations pendant la journée, de les traiter au cours de la nuit et de transmettre les documents imprimés en début de journée suivante par taxi ou courrier express.

En pratique, un dernier retraitement passé à 10 heures du matin nécessitait donc d’attendre l’arrivée de quelques kilos de documents papier (listings) le lendemain matin, dans lesquels le consolideur constatait parfois que les débits et crédits d’un retraitement devaient être inversés …

Il faudra attendre 1985-1986 pour voir apparaître les premiers logiciels de consolidation sur PC. Véritable pari à l’époque dans la mesure où le PC XT présente une mémoire RAM de 64 K et des disquettes de 360 Kb, qui sera suivi rapidement par le PC AT avec un premier disque dur (30 Mb). Tellement plus puissant … !

Dans les logiciels de cette décennie sont déjà présentes les notions de flux et les traitements classiques de conversion monétaire et d’éliminations sont correctement appréhendés. Toutefois, les fonctions permettant d’établir facilement la justification des capitaux propres consolidés et le tableau de financement présentent des lacunes évidentes quand elles ne sont pas tout simplement absentes. Il faut dire que la courbe d’expérience est loin d’être atteinte à cette époque et beaucoup d’Auditeurs sont amenés à achever eux-mêmes ce travail technique.

Une dernière caractéristique significative marque cette époque par l’absence de liasse de consolidation intégrable au logiciel. La technologie disponible ne le permet pas encore et les groupes élaborent dès lors des liasses en format papier qu’ils envoient à leurs sociétés. Ces liasses approchent bien souvent la  centaine de pages.

L’usage dévoile plusieurs désagréments.

  • D’abord, ces volumineux documents ne sont pas personnalisés aux chiffres de chaque société, rendant précaires les justifications par rapport aux chiffres communiqués lors de la précédente consolidation.
  • Ensuite, si le remplissage se fait à la main, l’intégration des éléments dans le logiciel de consolidation donne également lieu à une saisie manuelle.
  • Enfin, les incohérences intrinsèques entre les différents tableaux d’une liasse ne se détectent pas à la source, mais bien trop tard au niveau de la société consolidante, sans réelle possibilité d’obtenir une correction rapide. Les échanges de mails ne sont pas encore d’actualité.

Ainsi, si le logiciel de consolidation constitue une avancée appréciable par rapport à la gomme et au crayon, le manque de qualité des informations et les plannings étirés constituent les enjeux des prochaines années.

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