Histoire de la consolidation (5/5) : les années 2000, Y2K et IFRS

Il était une fois … la consolidation : les années 2000 : Y2K et IFRS

Ce passage à l’an 2000 (Y2K lisait-on dans la presse anglo-saxonne de l’époque) aura déçu plus d’un journaliste à sensations car non seulement le bug tant attendu n’aura pas altéré le bon fonctionnement des systèmes comptables et les logiciels de consolidation recevront tous une note d’excellence. Une autre échéance bien plus critique attend les groupes cotés à l’horizon 2005 : le passage au référentiel IFRS.

L’objectif est infiniment louable dans la mesure où cette décision tend à pallier un certain flou exprimé par la 7ème Directive de 1983. En imposant un référentiel unique pour tous les Etats membres, l’Europe allait ainsi se permettre de rendre comparables, tant sur le fond que sur la forme, des comptes consolidés établis par des sociétés d’activités comparables, quel que soit l’Etat membre d’appartenance. Et puis, les Etats-Unis n’appliquaient-ils pas la même approche au travers de leurs Etats et avec les US Gaap depuis si longtemps déjà ? Après quelques années de pratique IFRS, l’objectif européen est-il atteint ? Il faut nuancer la réponse.

Sur le fond d’abord, la matière IFRS, volumineuse, évolutive et interprétative, ne permet pas une application aisée et uniforme au travers du paysage des groupes cotés. Combien de fois n’avons-nous pas assisté à des prises de position très nuancées, voire différentes, face à des situations similaires, parfois par deux partenaires d’un même cabinet d’audit.

Sur la forme ensuite, certains Etats, comme la Belgique et la France, depuis de nombreuses années, ont imposé un référentiel de publication national pour les comptes statutaires.

Lors des premières publications de comptes consolidés, il est apparu naturel aux groupes de suivre un schéma recommandé … qui n’existait pas et qui ne sera jamais proposé par les Etats membres.

Ainsi, lors de l’avènement des IFRS, chaque groupe concerné s’est constitué son propre référentiel de publication. Ce qui n’apparaissait pas explicitement au niveau d’un bilan ou d’un compte de résultat pouvait figurer dans un tableau annexe, voire également sous forme de note textuelle.

Au lecteur de trouver l’information…

Le sentiment général dominant qui se confirme après ces quelques années de pratique des normes IFRS ressort des remarques suivantes :

  • Une très grande technicité se cache derrière les chiffres publiés, à tel point que les consolideurs s’interrogent parfois sur les réelles possibilités d’interprétation de la part des observateurs externes ;
  • Un objectif très discutablement atteint en ce qui concerne l’harmonisation effective des règles appliquées ;
  • Un certain niveau d’incomparabilité sur la forme des annexes établies ;
  • Une compétence assez irrégulière constatée tant au niveau des professionnels de la consolidation, qu’au niveau des auditeurs, lesquels peinent parfois à se tenir informés des mouvances interprétatives des règles IFRS.

Force est de constater que l’avènement des IFRS a réussi à organiser une course dont la tête a adopté un référentiel IFRS, sans autre possibilité de choix, avec parfois un sentiment du devoir obligé, tandis que les autres groupes, non cotés, qui en constituent le peloton, souhaitent maintenir encore longtemps le référentiel national, même si quelques-uns ont fait le choix de l’échappée.

Quant aux logiciels de consolidation, ils se seront tout de même adaptés à ces obligations IFRS, même si l’impact fut finalement mineur au plan des évolutions fonctionnelles. Pourquoi ?

Parce que le passage aux normes IFRS, à quelques exceptions près, ne concernait pas la mécanique de consolidation proprement dite, mais bien le contenu des comptes statutaires de chaque société du périmètre.

Pendant toutes ces années, le marché a entretenu une confusion entre IFRS en tant que problématique de consolidation et IFRS en tant que problématique comptable. Toutefois, là où les logiciels ont été atteints, c’est dans leur paramétrage (plan de comptes, annexes) mais pas dans leurs fonctionnalités intrinsèques ou alors très marginalement.

Mais alors, ces logiciels ont-ils évolué au cours de cette décennie ?

L’orientation dominante repose encore une fois sur les évolutions technologiques dictées elles-mêmes par un besoin croissant de production d’informations de plus en plus rapides et de plus en plus fiables.

Revisiter ou développer un logiciel de consolidation ne peut s’envisager sans intégrer d’emblée une approche WEB, avec tous les accès et les portabilités que cela induit. Non seulement, la liasse de consolidation traditionnelle fait place à un accès direct de chaque société au système centralisé et, de surcroît, les fonctions de consolidation elles-mêmes deviennent accessibles à partir de n’importe quel point d’entrée Internet, partout sur la planète et à tout instant.

Cette approche, corroborée par le « Cloud Computing », tend à rendre non localisables pour les utilisateurs à la fois les informations et les logiciels qui les traitent, avec une performance confortable. Avec cette fin de décennie, le consolideur peut finalement exercer son métier à toute heure du jour et de la nuit, de partout, même en vacances, et sur le support de son choix, y compris son smartphone !

Quelle avancée depuis ces premières consolidations en service-bureau du début des années 80. Et enfin, dix ans plus tard, la consolidation unifiée a-t-elle trouvé son niveau d’épanouissement ? Il y a des convergences indiscutables au plan des fonctionnalités, grâce au confort apporté par des outils entrant de plus en plus dans le domaine public mais également grâce à l’expression des besoins des groupes qui semblent davantage s’uniformiser. La consolidation devient un outil de planification stratégique et non plus une simple photo du passé.

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